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Ambiance
A Ivèn, le festival des troubadours est l'événement le plus important de l'année. Véritable institution, il attire une importante population de curieux, chalands, négociants et voyageurs de tous horizons. Bardes, poètes, troupes de comédiens, prestidigitateurs viennent se produire pour le plaisir de tous et l'espoir de bourses généreuses. Bien sûr, la place Méhoren est prise d'assaut, notamment l'auberge de la Rivière qui chante, où les chambres s'arrachent à prix d'or.
Les tavernes du vieux port ne dérogent pas à la règle. Déjà animées par le commerce et la pêche en temps normal, elles développent pendant le festival des trésors d'imagination pour accueillir et servir toujours plus de clients, même s'il faut installer des tables au milieu des salants.
Le Galion qui chavire est l'une des plus réputées. Personne ne sait comment le nain Falder aurait mis la main sur l'un de ces vieux galions du lointain royaume d'Aldor, mais tous s'accordent à dire que son affaire est rondement menée et contribue à la renommée du vieux port.
Ivèn est une ville populaire formée de plusieurs communautés, que ce soit par ethnie ou par corporation. Développée par la pêche, le transport maritime et fluvial, elle l'est aussi par l'affluence des agriculteurs avoisinant venant y vendre leurs récoltes, notamment le village de Galmin.
Les uns se font appeler ploucs et bouseux, les autres marins d'eau douce ou loups de bière (entendez par là qu'ils ne naviguent plus que d'une taverne à une autre du vieux port, ou éventuellement de fille de joie en fille de joie...). Alors parfois, lorsque les verres furent bien remplis, les esprits s'échauffent et des rixes peuvent se produire. On sait quand elles commencent, on sait rarement quand elles finissent. Après tout, tant que la destruction du matériel reste négligeable, la garde de Kerel a mieux à faire. Il lui arrive parfois de faire quand même quelques descentes, afin de faire entendre son point de vue.
Il faut reconnaître que Le Galion qui chavire est rarement perturbé par les soldats du fort d'Ivèn. Même si lorsque la salle est pleine on ne repère plus Falder que sous des plateaux aux chargements improbables se déplaçant énergiquement de table en table, le bougre saurait se faire entendre et aurait la réputation de remettre rapidement les pendules à l'heure dans les situations où les gestes dépasseraient les paroles. Plus d'un aurait goûté un bain dans la mer d'Ernor pour calmer ses ardeurs...
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Au Galion qui chavire
Comment s'y rendre ?
A Ivèn, rien de plus facile pour se rendre au vieux port : après avoir suivi l'avenue Atanor, artère principale de la ville, le plus simple est de se diriger vers le port par la place des archers d'Eladris. De la place l'on descend facilement vers les arcades des remparts en contrebas. Après s'être frayé un chemin au milieu des échoppes qui investissent souvent illégalement les passages (les nombreux litiges entre commerçants fournissent des arbitrages sans fin et des transactions fort lucratives pour les notaires...), on arrive au vieux port. Une centaine de mètres plus loin en remontant le port vers Selvinan, on aperçoit dans la masse des barges et embarcations de pêche un grand navire, installé à quai à demeure.
Chez Falder
Les galions d'Aldor sont tout de même très rares et tiennent plus de la légende qu'autre chose. Si l'on veut être garanti de voir un galion (enfin à ce que l'on peut en dire), la taverne n'a pourtant pas volé sa réputation : il s'agit bien d'un singulier navire aux grands mats dénotant avec le reste des embarcations du port. Est-ce vraiment un des anciens navires des pionniers d'Aldor venus s'installer en Evanon, cela c'est une autre histoire.
Les ponts supérieurs à l'avant et l'arrière du navire font parfois office de terrasse pendant les beaux jours et festivités mais sont souvent désaffectés et occupés par les voiles et cordes usées qui en découragent l'accès. Quand au grand pont central, il fait l'objet tous les matins d'un incessant ballet de porteurs affairés chargeant et déchargeant de nombreuses marchandises en tout genre, au milieu d'un amas chaotique de caisses, ballots et ménagerie encombrant le passage.
Il faut rentrer dans le ventre de la bête pour vraiment ressentir l'ambiance du lieu. En journée, il faut se frayer un passage au milieu des porteurs et ballots, mais la grande salle est alors relativement calme et propice à la détente. Quelques marchands et artisans s'y retrouvent parfois pour parler tranquillement affaires dans un lieu où la discrétion du tavernier et de son personnel est recommandée.
Le soir, si la passerelle et l'escalier descendant dans la grande salle sont plus dégagés, les trappes situées sur chaque flanc du navire souvent ouvertes (ne serait-ce que pour laisser s'échapper la fumée, bien que les adeptes du narguilé soient maintenant cordialement invités à investir plutôt les ponts supérieurs), trouver une table est une toute autre affaire. Mais qu'importe ? Beaucoup restent simplement debout, jusqu'à entasser les abords du grand comptoir, succès qui ne serait pas étranger aux sourires des filles Marietta et Souad, aux allers et venues incessantes, même si se frayer un passage au milieu de la foule pourrait sembler une quête sans espoir.
Si l'on n'aperçoit pas le tavernier debout ou assis sur son comptoir en pleine discussion, une large serviette flanquée sur l'épaule, il suffit de chercher du regard les plateaux les plus chargés tenus à bout de bras se déplaçant à vive allure dans la salle.
Les fréquentations sont variées et à l'image des quartiers populaires de la ville. Une communauté orannaise est régulièrement présente, notamment en raison du commerce fluvial entre Ivèn et Madrias, et du quartier de la confrérie des tanneurs, où se trouvent le bazar orannais et la mosquée Anwar. Des elfes et gnômes, de Fondgrise, Mirèn ou Ytil seraient également présents de temps à autre. Les nains seraient plus rares, mais le tavernier Falder ne serait pas avare en récits sur les territoires nains dans les lointaines terres du nord, pour qui voudrait bien les entendre...
Même si l'on vient d'abord pour la convivialité du lieu, le voyageur ayant soif ou faim ne sera pas en reste. La cuisine n'est pas raffinée, mais ce n'est pas ce qu'on demande : contre quelques deniers, des plats gaillards et fumants servis sur de grandes planches en bois font le bonheur des clients : le porc au miel et aux cèpes est une spécialité, il n'est d'ailleurs pas rare d'observer cochons et volailles gambader au milieu des chargements sur le pont central, tant qu'ils le peuvent encore... Tout cela arrosé copieusement de bière ou de vins de diverses provenances, et Falder serait fier de proposer également des breuvages elfiques de qualité...
Règlement
Placardé à l'entrée de l'escalier et dans la salle, bien que remanié fréquemment en fonction des circonstances, et que peu de gens soient capables de le lire, voici ce qui y est griffonné le plus souvent :
« Bienvenue au Galion qui chavire, merci de respecter les usages suivants :