Valya et les elfes premiers-nés

Nelyor et la découverte de la magie

Elvélara n'a pas de représentation particulière, cependant les elfes auraient peint de nombreuses tentures et étendards avec des scènes de la genèse.
Un ciel étoilé percé d'une étoile filante est une des représentations les plus fréquentes sur les bannières elfiques de Mirèn.

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La légende d'Elvélara et la genèse d'Evènor s'apparenterait le plus à la mythologie des elfes, si on pouvait en parler ainsi. Eux-mêmes ne parlent pas de dieu ou de déesse, mais nomment Elvélara comme la grande créatrice, celle qui fut à l'origine de toute chose. Le monde, sa nature et son évolution, serait rythmé suivant un ordre établi et la préservation d'un équilibre : la musique d'Elvélara.

Vinrent ensuite les premiers-nés, elfes bénis par la grâce de la grande créatrice, capables de comprendre sa musique et d'y contribuer.

L'histoire du monde, comme les légendes, souvent très proches chez les elfes, sont très vivaces et riches en détails. Voici un résumé de la genèse, tel qu'il est encore conté et chanté dans les terres de Mirèn :

Elvélara et la rivière de la vie :

Au commencement était la nuit.

Une nuit constellée d'étoiles, doucement éclairée par les couleurs improbables des aurores boréales, créant des ombres sur les glaces et la terre froide. Parfois le ciel était traversé par des étoiles filantes, ponctuant les âges de notre monde. Un jour, l'une d'entre elles s'écrasa sur la terre, dans une myriade de feu et de lumière. Ainsi naquit Elvélara.

Elvélara était une elfe aux très longs cheveux, entourée de lumière et d'un feu qui la consumait. Elle put extraire avec temps et patience le feu de sa chevelure, qu'elle tissa en un grand arc et une corde. Elle rassembla tout le reste de lumière qu'elle put dans le creux de ses mains, façonnant une longue flèche effilée.
N'étant plus protégée par son écrin de chaleur et envahie par le froid environnant, elle se saisit rapidement de l'arc, orientant la flèche vers le ciel, et le banda de toutes ses forces. Ne pouvant plus tenir, elle décocha la flèche au hasard, qui partit très haut dans le ciel, dans une traînée de lumière. Un miracle fit que la flèche de lumière croisa une étoile filante, dans une explosion de feu. Ainsi naquit le soleil.

Satisfaite, Elvélara partit à la découverte du monde. Le soleil montait haut dans le ciel et la chaleur augmentait, et Elvélara ne découvrait que des terres arides, rocailleuses et désolées. Ainsi passa la première journée de ce monde. Le lendemain, les glaces du nord et des montagnes se mirent à fondre plus intensément. Une semaine passa, avec la fonte des glaces. Ainsi naquit le grand Océan des origines.
Le monde demeurait cependant un univers minéral et sans ressources. Un soir, Elvélara était très fatiguée et avait très faim et soif. Epuisée, elle pleura longuement. Ses larmes coulèrent jusqu'au sol, qui commença à s'ouvrir, creusant pour l'eau un sillon : ainsi naquit la rivière de la vie.

Au matin, l'espoir revenu et la joie montant dans son cœur, Elvélara se mit à chanter, d'une voix douce et profonde, dansant à coté de la rivière. Comme en réponse, une fleur sortit lentement à coté de la rivière, puis bientôt toute une végétation exubérante, au rythme où Elvélara courait et dansait, tout en suivant la rivière. Ainsi fut la musique d'Elvélara, créant la nature de ce monde.
Les forêts majestueuses se dressaient, bordant mers, lacs et montagnes. Puis Elvélara se reposa un peu, satisfaite de son œuvre.

Les jours, les mois, les années puis les siècles s'écoulèrent. Elvélara s'émerveillait toujours de la nature, de regarder les chênes et les grands épicéas grandir, mais la solitude commençait à envahir son cœur. Sa musique était très belle, mais elle était seule avec les forêts à pouvoir l'écouter, et n'avait personne d'autre avec qui la partager. Au fil des siècles, son chant s'embellit, empreint de maturité et de mélancolie.

Valya et les elfes premiers-nés d'Evènor

Un jour, alors qu'Elvélara marchait dans la forêt en chantant doucement, elle s'arrêta soudainement, ayant cru entendre un son étranger. On n'entendait rien d'autre que le bruissement des feuilles des arbres avec le vent. Elvélara repris doucement son chant, et entendit à nouveau, plus précisément, un nouveau son embellir sa musique et l'accompagner. Elle courut dans la forêt, tout en chantant, afin de se rapprocher de cette musique étrangère, et arriva dans une clairière. Une jeune elfe était assise sur une pierre, une harpe dans les mains. A la surprise d'Elvélara, elle releva doucement la tête. Ses cheveux étaient courts et très clairs, et portait des vêtements aux couleurs de la forêt. Derrière elle se tenait un couple de licornes, protégeant leur petit dans les buissons.

- Bonjour, dit Elvélara, qui es-tu et d'où viens-tu ? Je me croyais seule en ce monde.
- Je suis Valya, gardienne des forêts de ce monde ; c'est ton chant si mélancolique qui m'a appelé. Je l'ai trouvé si beau que je n'ai pu résister à t'accompagner avec ma musique. Vois derrière moi mon hommage à ta création. M'accepterais-tu pour t'aider dans ton ouvrage ?
- Ce serait pour moi une joie immense, Valya, dit Elvélara en embrassant la jeune elfe. Tu seras ma petite sœur !

Les deux elfes parcoururent ensemble le monde, se surpassant dans leur plus belle musique, le chant d'Elvélara magnifié par la harpe de Valya. Ainsi naquirent les oiseaux, animaux et toute chose qui vit en communion avec la nature. Afin de respecter le cycle de la vie et fournir un équilibre, Valya créa les saisons et les climats du monde d'Evènor, alors qu'Elvélara chantait une mélodie lente et belle, sur la lune et le cycle des marées.

Bien plus tard, Valya, qui régnait sur les animaux et les forêts, voulut créer des êtres à son image, qui vivraient dans les terres d'Evènor, pour honorer sa musique. Ainsi naquirent les elfes premiers-nés d'Evènor. Elvélara, qui ignorait le dessein et la nouvelle musique de Valya, fut surprise de son empressement à peupler le monde. Aussi immense qu'étaient le talent et la dextérité de Valya, elle n'en était pas moins désireuse de surpasser Elvélara. Une partie de son orgueil et de sa vanité passa sans doute involontairement dans son œuvre…

Elvélara, surprise, félicita Valya, accueillant les elfes comme ses enfants. Les elfes premiers-nés reçurent la grâce et le savoir d'Elvélara, dévoués à honorer sa musique.

Nelyor et la découverte de la magie

Nelyor, l'un des premiers-nés les plus brillants, restait souvent en retrait, pour expérimenter seul une musique de sa propre création. Très belle mais non totalement maîtrisée par son créateur, elle créa les forces de magie, nouveaux éléments intangibles influant sur le monde et la nature. Valya, se rendant compte de l'étendue du savoir de Nelyor, prit peur, voyant que lui aussi devenait capable de façonner le monde à sa manière, pouvoir jusqu'alors réservé à Elvélara et Valya.

La magie brute de Nelyor était si puissante qu'elle consumait la matière elle-même, dévastant tout sur son passage. Valya, désemparée, implora Elvélara de lui pardonner et de trouver une solution. Elvélara s'opposa directement à la musique de Nelyor, que ce dernier ne pouvait plus contrôler, en créant des forces de magie contraires, afin de rééquilibrer le monde. Ainsi naquirent les quatre dragons d'Evènor, voués chacun à garder et contrôler les forces opposées de création et de magie.

Nelyor, furieux de voir son œuvre ainsi anéantie, maudit Elvélara et Valya, et s'enfuit dans les entrailles des montagnes, là où Elvélara n'aurait plus de prise sur son expérimentation.

Nelyor rallia à sa cause le dragon qui gardait le reste de sa création magique, Kilurzan Dar, et commença son ouvrage pour détruire et contrecarrer l'ordre imposé par Elvélara. Avec la magie du dragon, il développa un art dangereux et sombre, à l'origine des catastrophes de ce monde.

Le destin des hommes et les peuples d'Evènor

Les âges passèrent, puis une nouvelle race vint peupler les terres de l'ouest, conséquence des changements apportés par la musique de Valya et des premiers-nés : les hommes. Atteints d'une malédiction étrange, ils étaient destinés à mourir peu de temps après leur arrivée sur terre. Ils n'en étaient pas moins empreints de la volonté et du courage de Valya, mais destinés au trépas, ils oublièrent rapidement le nom de leur créatrice au fil des âges…

Elvélara se prit néanmoins de compassion pour l'humanité, pardonnant à Valya sa hâte, comprenant que d'une manière ou d'une autre, du fait même de la création de Valya, le destin des elfes, de l'humanité, et des autres créatures de ce monde étaient liés…